De l’Amour au plaisir, ou comment prendre plaisir au plaisir

 

Ah l’Amour !!! il est présent partout, de la chanson au film en passant par la littérature sous ses multiples formes (poésie, romans, nouvelles…). Et dans tous ces cas, il ne fait pas figuration, bien au contraire. Il est dans tous ces domaines le sujet roi tel Louis XIV rayonnant laissant les autres sujets bien pâles face à sa puissance d’évocation. Et ce n’est pas vous qui allez me contredire. Qui n’a jamais écouté une chanson d’amour, même triste ? Qui n’a jamais écrit durant sa folle adolescence quelques vers de mirliton pour son ou sa bien aimé(e)? Qui n’a jamais pleuré devant un film romantique bien troussé…

Mais que se cache-t-il derrière ce mot pur et innocent, les chercheurs ont de tout temps voulu en percer le mystère. Aujourd’hui encore les expériences sont légions. Comment s’attire-t-on l’un l’autre ? Serait-ce par les fameuses « phéromones », ou par la symétrie parfaite de notre visage, ou encore la proportion buste-taille-hanche idéale. Rien de très poétique, ni même rien de noble. Dans la recherche, tout les moyens sont bons pour atteindre son but, la connaissance, même s’il faut pour cela sentir un T-shirt porté durant une semaine entière et surtout non lavé. Il faut savoir souffrir pour aimer nous dit-on, en tout cas il faut savoir souffrir pour mener à bien ces expériences.

Et si tout bêtement la première cause de l’amour n’était que le plaisir, le plaisir de souffrir, le plaisir de jouir, le plaisir de posséder, le plaisir, tout simplement. En effet, si nous nous penchons un peu du côté de nos amis les bêtes, nous constatons que souvent l’étreinte est le seul véritable exemple d’acte d’amour que nous fournissent nos compères. Alors quoi de plus naturel que de le rechercher, d’en faire son éloge, et surtout de sombrer dans sa volupté.

C’est ce que nous propose Françoise de Cœuvres à travers ses mémoires, à une époque où le libertinage était de bon ton, voire était bon pour la santé (et du moins l’étreinte en elle-même, est, aujourd’hui encore, toujours considérée comme un bienfait pour le corps et l’esprit). Mais à la différence de nos frères animaux, la recherche de partenaires potentiels se fait ici avec raffinement et délicatesse. Les saillies et autres traits d’esprit s’entremêlent dans des plaisirs sans cesse renouvelés pour nous enivrer de ce qui nous échappe toujours, au bout du compte, l’essentiel : la jouissance. Jouissance du mot juste, de l’image suggérée, des intrigues sophistiquées, tout cela pour une apologie du plaisir, sans vulgarité, menée de main de maîtresse par notre hôtesse au théâtre de l’Anagramme dans « Amours de duchesses », j’ai nommé Anne dos Santos. Alors profitons de ce moment de liberté pour nous laisser emporter par ses élans et son ardeur en plein cœur d’un temps qui aimait à jouer avec l’Amour.

Amours de duchesses, histoires galantes du XVIIIème siècle
Du 15 janvier au 28 janver 2004
Théâtre de l’Anagramme, 27 rue royale69001 Lyon
Métro Hôtel de Ville ou Croix-Paquet
20h30 du lundi au samedi et 17h le samedi et dimanche
Réservation: 04 37 24 32 31
Plein tarif : 12 euros
Tarif réduit : 8 euros